Passent les époques...


Comme nous vous avez appris, sûrement avec stupéfaction, que nous changeons en partie de gouvernance du jour au lendemain.

Stupéfaction…, vraiment ? Ou plutôt résignation ? Cynisme blasé ?

Hé oui, on le serait à moins.

Depuis 2003 spécifiquement, la CGT demande à chaque gouvernance entrante si elle est là sur du long-terme. Si sera pris le temps de faire les choses. Si survie de l’entreprise est la véritable priorité. Invariablement, la réponse est oui. Affirmée. Martelée. Autoritaire même parfois !... Et invariablement, que se passe-t-il ? Les « transformations », les « stratégies », les « experts » et « nouveaux experts » se suivent. Se suivent et se remplacent les uns les autres. Toujours cette même dynamique : ce sont les salariés de l’entreprise qui sont un problème.

Un problème pour que les clients soient bien servis ? Non. Un problème pour se développer ? Non. Un problème pour la pérennité ? Non. Nous salariés, représentons un obstacle. Que les plans de licenciements successifs ont permis, parfois, de contourner, en se débarrassant de nous, de notre histoire. Du socle culturel de l’entreprise. Mais dans un inversement éthique absolument magistral, nous représentons surtout un prétexte. Celui sur lequel l’on s’appuie quand on a besoin de faire avancer d’autres raisons que celle de la cause collective. Pendant que leurs cv s’agrémentent, nos cv à nous périclitent. Se déqualifient. Quand, pour les moins chanceux, ils ne s’agrémentent pas d’une ligne chômage.

Et maintenant ? Nous sommes presque rôdés : de nouveaux dirigeants arriveront. Ils proposent un rendez-vous à chaque organisation syndicale qui devrait intervenir courant septembre. Diront que la précédente direction n’était pas dans la bonne vision. N’avait rien compris au digital. N’avait rien compris au client. Que les salariés sont décidément nuls et qu’on ne peut rien faire avec « ces gens-là ». Imposeront une nouvelle stratégie.

Pour ceux qui ont un peu d’ancienneté, que reste-t-il de l’entreprise que nous avons connue ? Pour ceux arrivés récemment, quelle intégration maintenant ? Pour nous tous : encore une fois, devoir se poser ces questions : quelle image pour nos clients ? Quelle image de l’entreprise dans un monde digital ? Et surtout : quel avenir ? A la merci de n’importe quel départ, à la merci de n’importe quelle arrivée. Pour faire quoi de cet objet absolument unique sur le marché français, et même européen ?

Talleyrand disait que les peuples ont la démocratie qu’ils méritent. Il est temps, chères et chers collègues, de méditer cette profondeur. Sans votre engagement à nos côtés pour défendre votre emploi, ce qu’il reste de l’entreprise, et reconstruire, les trains continueront de passer pendant que les tempêtes financières font voler en éclat nos fondations.

Si vous le souhaitez, vous pouvez être plus qu’acteurs de ce qu’il se passe : vous pouvez en être la source. Comme pour les pays et les gouvernements, les fins des démocraties se bâtissent sur l’indifférence générale. Ramenée à l’entreprise, cette réflexion est vitale : nous aurons aussi ce pour quoi ou contre quoi nous nous serons battus. Comme dans nos vies personnelles. Nous nous battons tous les jours, pour nos enfants, pour nos conjoints, pour nos familles et amis. Pour les personnes que nous aimons. Alors pourquoi pas pour nous-mêmes ?

Nous vous l’avons déjà dit : dans les entreprises où il y a plus de 80% de salariés syndiqués, il n’y a pas de plans de licenciements.

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